SEJOUR DU FMI AU SENEGAL : AVIS DE TEMPETE SUR LES SUBVENTIONS DE L’ENERGIE

SEJOUR DU FMI AU SENEGAL : AVIS DE TEMPETE SUR LES SUBVENTIONS DE L’ENERGIE

Avec les subventions, de l’énergie notamment, c’est un champ de mines que Macky et son équipe ont laissé au nouveau gouvernement avec le Fonds monétaire international. Au Sénégal depuis jeudi, l’actuelle mission du Fmi, qui a démarré hier ses travaux, risque de déclencher une jolie panique qui doucherait les espoirs de tout un pays sur

Avec les subventions, de l’énergie notamment, c’est un champ de mines que Macky et son équipe ont laissé au nouveau gouvernement avec le Fonds monétaire international. Au Sénégal depuis jeudi, l’actuelle mission du Fmi, qui a démarré hier ses travaux, risque de déclencher une jolie panique qui doucherait les espoirs de tout un pays sur ses nouveaux chouchous si elle continue d’exiger l’application des réformes conclues avec l’ancienne équipe, notamment sur la subvention progressive des prix de l’énergie. 

Le Fmi toujours sur le dos du Sénégal. S’il y a alerte à tous les étages,  le Sénégal de Diomaye-Sonko fonce vers de grandes difficultés financières, comme d’ailleurs nous y prépare déjà l’argentier de l’Etat Cheikh Diba. En effet, après les discussions  des nouvelles autorités du pays avec le Fonds monétaire international (Fmi) aux dernières assemblées annuelles de Washington, une délégation de l’institution financière internationale a débarqué au Sénégal. Et a démarré hier, vendredi, les discussions avec les nouvelles autorités, sans doute, sur les grandes lignes de leur «Projet» économique et financier. Cela après la prise de contact et la réunion à Washington avec le Directeur général adjoint du Fonds, le chef de mission pour le Sénégal et le directeur du département Afrique. Mais, aujourd’hui, beaucoup d’observateurs attendent avec impatience les conclusions de cette nouvelle mission de l’institution de Bretton Woods, notamment sur l’épineuse question des subventions. Car, de tout temps, le Fmi a été sur le dos du Sénégal pour pousser ses autorités à faire appliquer la vérité des prix, notamment de l’énergie. Ce qui déboucherait sur une hausse vertigineuse des prix des hydrocarbures. Lesquels auraient un effet domino et entraîneront beaucoup de produits de première nécessité dans une spirale de hausses meurtrières. Et bonjour la grogne populaire. Et le Président sortant, Macky Sall, avait réussi à faire la sourde oreille jusqu’après 2019 avant d’accepter ainsi, les nouvelles autorités ne voudraient sans doute pas que le Fonds piétine l’enthousiasme des populations après la «révolution électorale» du 24 mars dernier. En effet, si l’Etat cède ou respecte les engagements du pouvoir sortant de réduire encore les subventions, Diomaye et Sonko vont être obligés de prendre des mesures impopulaires. Un désarroi dont le gouvernement voudrait bien se passer, n’étant pas pressé d’annoncer de mauvaises nouvelles.

Social à la diète ?

Même si la situation financière du pays n’est pas des meilleures et nécessite d’urgence de rationaliser les dépenses, d’augmenter les recettes fiscales, avec notamment la réduction des dépenses fiscales,  et de maîtriser l’endettement qui a crevé le plafond, les nouvelles autorités doivent vite donner des gages aux populations. Lesquelles attendent d’urgence une baisse drastique du coût de la vie. Ce qui est une utopie au vu de la configuration des choses. En effet, le pays n’a aucun contrôle sur le cours des denrées alimentaires qu’il importe, quasiment pour l’essentiel. Et avec le déchaînement des cours mondiaux et de la chaîne logistique, le Sénégal n’aura que sa fiscalité de porte pour agir. Ou de subventionner encore. Ce qui semble difficile dans ce contexte où l’Etat a chaud aux caisses et augure un matraquage fiscal des entreprises qui pourrait dangereusement déboucher sur un ras-le-bol fiscal et une fin de la câlinothérapie. Et sachant que le Sénégal dispose désormais d’un Etat piloté par des démembrements des régies financières, les entreprises sérieuses doivent entendre les balles sifflées. Avis de tempête, on se dirige vers un Annus fiscalis horribilis.

Les subventions énergétiques chiffrées à 750 milliards en 2022, selon le ministère des Finances

La «Feuille de route pour la suppression des subventions dans le secteur de l’énergie à l’horizon 2025» du ministère des Finances sous le régime de Macky Sall renseigne que le Sénégal dépense l’équivalent de plus de 4 % de son Pib en subventionnant l’électricité, certains produits pétroliers (supercarburant et gasoil) ainsi que le gaz butane. D’après le document, la subvention de l’électricité prend la forme d’une compensation tarifaire à verser à la société nationale d’électricité (Senelec). «Dans les conditions économiques actuelles, elle devrait coûter 279,8 milliards de FCfa au budget de l’État en 2023», note le document qui ajoute que la subvention des produits pétroliers atteindra 524,7 milliards en 2023 si aucune mesure n’est prise pour la contenir. «Au total donc, les subventions énergétiques franchiront la barre des 800 milliards en 2023 (804,5 très exactement), après avoir coûté 750 milliards en 2022», prévoit le document.

Mais sous la pression du Fmi, le gouvernement affirme qu’il est «venu le temps de rationaliser» cette politique de subvention, d’en améliorer le ciblage afin de garantir que chaque franc dépensé l’a été utilement. Ainsi, l’objectif du Sénégal est d’éliminer d’ici 2025 les subventions sur les trois produits que sont l’électricité, le supercarburant et le gasoil, d’après le ministère des Finances. Le président Macky Sall qui avait pris ces engagements a été remplacé par Bassirou Diomaye Faye. Il reste maintenant à savoir si ce dernier qui se veut chantre de la «souveraineté économique» du Sénégal suivra cette politique rationaliste.

Diop
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